![]() |
||
Licence d’état : LI 075 96 0130 - © Sader - 2003-2008 - Conception-Réalisation : JBk. Cartographie : © RR |
||
Région monodépartementale, La Réunion, malgré un rythme de développement économique et social exceptionnel reste marquée par la période coloniale et une économie de comptoir.
1500 - 1600
Le 9 février 1507, jour de la sainte Apolline, la Réunion aurait été reconnue pour la première fois par le portugais Jacques Lopez de Sequeira. Sur le portulan de Pedros Mascareinas, en 1518, la Réunion est mentionnée pour la première fois sous le nom de Santa Apolonia.
Le portugais Mascareinas, en 1545, débarque les premiers "colons": des cochons et des chèvres, et appelle l'Île Mascareigne. Le 24 mars 1613, un pirate anglais, Blackwelle, s'y arrête et, l'Île étant boisée, lui donne le nom de "england forrest".
1600 - 1700
En 1638, le voilier St Alexis de Dieppe aborde l'Île, son commandant en prend possession et grave les armes du roi Louis XIII sur un tronc d'arbre.
Le 24 juin 1642, le cardinal de Richelieu fait pour 10 ans concession de l'Île à la Compagnie Française de l'Orient. En 1643, de Pronis, gouverneur de Fort-Dauphin (Madagascar), donne à l'Île le nom francisé de "Mascarin". Ce même De Pronis, se trouvant au printemps 1646 en face d'une mutinerie à Fort-Dauphin ne sachant s'il devait exécuter ces mutins ou les livrer aux malgaches, a l'idée lumineuse de les embarquer sur le St-Louis et de les abandonner sur l'Île Mascarin avec des provisions, des semences et 3 chèvres. Ces hommes s'établirent sur les rives de la rivière de St-Jean, et y vécurent 3 ans...
En 1649, Flacourt, envoyé par la Compagnie de l'Orient à Fort-Dauphin pour rétablit l'ordre, réexpédie de Pronis en France et rapatrie les 12 mutins sains, heureux de leur sort...
En octobre, Flacourt reprend possession de l'Île et la nomme Île Bourbon. A la suite d'une nouvelle révolte, Flacourt envoie à Bourbon le chef des mutins, Antoine Couillard, avec 13 compagnons, 6 noirs, du bétail et quelques semences. Ils s'établissent à St-Paul, cultivant du tabac, des melons et des légumes. 2 cyclones ayant détruit les plantations, ces premiers colons découragés quittent l'Île sur le Thomas Guillaume, vers Madrapatan, avec leurs noirs et leur marchandises.
Les premiers temps de la colonisation
En novembre 1663, Louis Payen, de Vitry-le-François, débarque avec un français, 7 malgaches et 3 femmes noires; ceux-ci s'enfuient dans les montagnes, ce sont les premiers noirs déserteurs, dits "marron".
En 1664, Colbert créé la Compagnie des Indes Orientales, en remplacement de la Compagnie de l'Orient. Cette fondation allait assurer le peuplement de l'Île. En 1667, le St-Jean, de la flotte du marquis de Montvergne, débarque à son tour sur l'Île 200 malades, 5 jeunes femmes et 1 prêtre, la même année, les 5 premiers mariages sont célébrés dans l'Île En 1671, un nouveau contingent arrive de Madagascar. En janvier 1690, à la mort du gouverneur, les habitants élisent le P. Bernardin, remplacé à son tour par Vauboulou, débarqué en 1689 avec les pleins pouvoirs. Le désordre règne dans l'Île Les habitants sont français pour la plupart, imais aussi italiens, espagnols, portugais, allemands, anglais, hollandais, indiens... Certains sont d'anciens flibustiers.
A cette époque, les habitants sont encore rares (538 blancs et 633 esclaves) et n'ont guère de besoins. Un des traits caractéristiques de la population réunionnaise se dégage déjà : l'amour de la famille nombreuse .
1700 - 1800 Bourbon racheté à la Compagnie des Indes
En 1715, des malouins introduisirent dans l'Île des plants de café d'arabie, à côté des plants sauvages locaux. Ce café dérivé du moka donnera le "bourbon rond", parallèlement au "bourbon pointu" des caféiers sauvages. L'Île caresse le rêve d'être le fournisseur de l'Europe en café. Cette prospérité attire de nouveau immigrants. La population blanche atteint 3760 habitants en 1760. Mais ceci ne dure pas longtemps. La Compagnie des Indes conseille aux planteurs l'abandon du café et l'essai du coton, du tabac, de l'indigo. Aucun succès ne couronne ces tentatives, et ce n'est qu'au siècle suivant que les épices démarreront en flèche.
L'oeuvre de Mahé de la Bourdonnais
En 1755, Mahé débarque à Bourbon avec le titre de gouverneur général des Îles de l'Océan Indien. Son règne dure 10 ans. Et c'est un tournant pour la vie de l'Île Il la gouverne dans la grande perspective d'en faire une base navale nouvelle, dans le conflit qui oppose anglais et français sur l'Océan Indien. Son règne fut trop court pour que tous ses projets se réalisent.
1767-1815 Administration royale, révolution, empire, domination anglaise
L'île Bourbon reste le grenier à blé, l'entrepôt des Mascareignes. On intensifie la culture du blé, du riz, du maïs, des légumes secs. L. Hubert introduit les épices: la muscade, la cannelle, le poivre, le gingembre, le clou de girofle et le safran. C'est au cours de cette période que l'économie de l'île fut la mieux équilibrée. En 1789, l'île ne réagit par aucun événement marquant à la révolution française. En commémoration à la réunion des marseillais et des gardes nationaux le 10 août 1792, elle prend le nom d'Île de la Réunion. En 1803, le général Decaen débarque sur l'Île qui devient Île Bonaparte. La situation est tragique, à cause du blocus, la disette sévit. La guerre de Course se livre, et le 7 juillet 1810, l'Angleterre prend possession de l'île. Cette occupation qui dure 5 ans est entièrement négative. Seul fait marquant, unique dans les annales de la Réunion, une grande révolution d'esclaves, au cours de laquelle plusieurs blancs sont tués.
La grande époque (1815-1850)
Quand par le traité de Paris, la France de la Restauration reprend possession de Bourbon (en 1848, elle sera de nouveau et définitivement La Réunion), la situation à bien changé. Libérée à tout jamais de la tutelle de l'île de France, Maurice restée anglaise, l'île demeure seule base française de l'Océan Indien. La France manque de sucre. Ainsi la canne va-t-elle, en quelques années, passer au rang de monoculture. La production passe de 21 t en 1815 à 68 000 t en 1860. Ceci au détriment des autres cultures. Les réunionnais doivent maintenant acheter le riz à Madagascar, d'où un déficit des balances commerciales. Les petites exploitations, cèdent le pas devant les grands domaines. Le nombre d'habitants passent de 36 000 en 1778 à 110 000 en 1848. En 1830, on dénombre 70 000 esclaves. A la suppression de l'esclavage, les noirs marrons descendent de Cilaos, Salazie, pour s'installer sur la côte, et sont remplacés sur les hauteurs par les petits blancs pionniers des cirques.
1860-1945 Les années difficiles
En 1860, la situation d'une économie fondée uniquement sur la canne à sucre s'avère plus brillante que solide. On ne recherche pas l'amélioration du rendement. A la Réunion, les planteurs sont en quête de terres, de capitaux et de main d'oeuvre. La prospérité ne règne qu'au niveau des grands propriétaires qui dominent 120 sucreries et emploient 25 000 travailleurs. Le peuple tombe dans la misère et on note une poussée de l'alcoolisme. En 1870, la création du canal de Suez écarte la Réunion de la route des Indes et aggrave la situation. Tout l'intérêt de la France se porte dès 1880 sur Madagascar. La Réunion sombre dans un oubli dont elle ne sortira qu'à la seconde guerre mondiale. A la guerre de 1914, la Réunion envoie 14 000 soldats, dont 3 000 tomberont au champ d'honneur. Au cours de la deuxième guerre mondiale, en 1940, le ralliement à Vichy cause la blocus de l'Île, obligée de vivre en autarcie. En 1945, l'île est pratiquement ruinée.
Histoire